Au cours de la saison 15/16, a eu lieu, au TGP, en destination de professeurs et de travailleurs sociaux, un stage proposé par la Compagnie autour des thèmes du portrait et de l'autoportrait de groupe avec Nicolas Struve (metteur en scène), Catherine Benhamou (auteure) et Kristijonas Dirse (cinéaste).

 

 Cette année en partenariat avec le TGP et L'Apostrophe - Scène Nationale de Cergy-Pontoise,  la compagnie poursuit son travail autours des mêmes thèmes.

Cette fois-ci, dans le cadre de deux "résidences artistiques et culturelles en milieu scolaire" et auprès d'élèves de différents établissements scolaires :

-        Le Lycée Michel-Ange de Villeneuve-La-Garenne
-         Le Lycée Evariste Galois à Beaumont-sur-Oise.
-         Le Collège le Carré Sainte-Honorine à Taverny.
-         L'Antenne d’animation de quartiers à Saint-Ouen l’Aumône. 
-        Le Lycée Château d’Epluches à Saint-Ouen l’Aumône.
 

Nous explorerons à nouveau l'intime et son rapport au monde qui l'entoure à travers le chant, l'écriture, le jeu, la danse, les films.

Nos intervenants seront à nouveau Nicolas Struve, Catherine Benhamou et Kristijonas Dirse

mais aussi Christian Paccoud et Armelle Dumoulin (musiciens), Stéphanie Schwartzbrod, Sabrina Paul et Farid Bouzenad (comédiens).

 

 

 

 

 

 

ATELIERS AUTOUR DE LA CUISINE DE L'EXIL :

 

Durant la saison 2018-2019, Stéphanie Schwartzbrod a animé un atelier avec des usagers du centre social Louise Michel de Neuilly sur Marne autour de la cuisine de l'exil.

 

 "Quand on quitte un pays, la cuisine est souvent la chose la plus facile à transporter.  En effet, quand les produits sont à peu près disponibles, les recettes font partie de ces rares souvenirs qui peuvent reprendre vies, redevenir tangibles quand, grâce à une odeur ou un goût venus de l’enfance, ce qu’on a laissé derrière soi surgit soudain devant nous….  

Voilà pourquoi j’aimerais travailler avec des amateurs autour de ce sujet. Un portrait de groupe autour de la cuisine, du voyage, de l’exil, de ce que l’on emporte avec soi…

J’ai envie de travailler avec des gens qui viennent d’ailleurs et qui ont emporté dans leurs bagages les recettes de leur pays, de leur enfance, de leur famille, et qui, en parlant de leur cuisine, livrent ainsi des bouts de leur histoire, le chemin qui les a menés de là-bas à ici, un chemin de vie, pour ainsi réfléchir ensemble sur l’ici et l’ailleursleur liens, leur entente possible ou impossible, et ce qui forme peu à peu une identité…. 

Mais il serait également intéressant de travailler sur la mémoire de personnes issues de la deuxième génération : voir comment la cuisine de « la vie d’avant » de leurs parents, les récits de voyage ont imprégné leur vie et comment, dans le processus de leur intégration, quelque chose du passé et de l’ailleurs se maintient sans contradiction (ou non) avec le présent et l’ici.

Malgré tout, il y a ceux qui veulent oublier, vivre sans nostalgie… Ou ceux qui n’ont pas de souvenirs… Et leur parole me paraît tout aussi importante.

Il peut également y avoir, dans ces groupes, des personnes qui n’ont jamais connu l’exil… comme moi. Je me suis longtemps demandée pourquoi j’étais autant obsédée par ce thème, et j’ai fini par penser que nous avons, tous, au fond, une part d’exil en nous, un paradis perdu, quel qu’il soit….. Pour toutes ces personnes, il pourrait donc être intéressant de creuser cette question et de la mettre en résonnance avec ceux qui ont réellement connu l’exil.

 

Ce travail se fera en différentes étapes :

 

-                   Tout d’abord, nous ferons ensemble un travail d’écriture et/ou de récits autour de la cuisine de « la vie d’avant », des souvenirs qui s’y rattachent mais aussi du voyage, de la façon dont on passe d’un pays à l’autre…

-                   Ensuite, nous ferons un travail de plateau pour se familiariser avec la scène, la parole donnée, à travers des exercices de théâtre et des improvisations.

-                   Nous ferons également tout un travail corporel qui nous amènera à travailler sur les gestes de chacun jusqu’à trouver des moments quasi dansés.

 

Nous inventerons ainsi « une représentation – dégustation » car j’aimerais qu’il y ait de la cuisine sur scène, des odeurs, des choses à goûter... où chacun pourra raconter une histoire, son histoire, quelques bouts.... et livrer aux autres au sens propre et au sens figuré les trésors de sa cuisine, quand à la fin les spectateurs pourront se joindre aux acteurs et partager ce que chacun aura apporté ou cuisiné sur place.

 

Voici les questions autour desquelles j’aimerai tourner …

A quel âge on est parti, pourquoi… les jours qui ont précédé le départ… Le voyage… L’image qu’on avait d’ici… Les premiers jours ici… Ce qui frappait ici, plaisait, ne plaisait pas… Ce qu’on aimait manger, ce qu’on mange encore, ce qu’on ne mange plus… les gestes de là-bas, les gestes d’ici… Ce qu’on a envie de transmettre, de garder, de retrouver… Ce qu’on aimait, ce qu’on n’aimait pas là bas… Ce qu’on aime, ce qu’on n’aime pas ici … Qu’est-ce qu’implique de laisser surgir en soi le souvenir du passé. Les deux vies, celle d’aujourd’hui, ici, et celle d’autrefois, ailleurs, peuvent-elles s’associer au lieu de se combattre…  Est-ce que cela ne met pas en danger le présent parfois … Comment la cuisine d’ici est influencée par celle de là–bas…

 

Cet atelier se fera donc en plusieurs temps pour une durée totale variant de 30h minimums à 40 heures, dans l’idéal : des rendez-vous réguliers tout au long d’une année ou d’un semestre, voir d’un trimestre, par modules de trois heures soit à raison d’une fois par semaine, soit plus rassemblées lors de plusieurs week-end puis une voire plusieurs « représentations dégustations » ouvertes au public..

 

Dans un deuxième temps, il est également tout à fait possible mais non obligatoire d’imaginer cette aventure se poursuivre avec deux journées festives composées d’ateliers cuisines animés par les personnes ayant participé à cet atelier (nos acteurs amateurs), des ateliers théâtre pour les enfants animés par moi et une représentation de théâtre que ce soit « Sacré sucré salé »  ou une petite forme du spectacle que je prépare actuellement autour de « La cuisine de l’exil » qui pourrait se jouer en appartement, dans des bibliothèques ou dans un espace du théâtre ou de musée à définir ensemble…."

Stéphanie Schwartzbrod